Autrefois qualifiée de « zone rouge » en raison des violentes fractures intercommunautaires liées à la crise Mobondo, la localité stratégique de Kinsele tourne définitivement une page sombre de son histoire. Sous l’impulsion du Consortium Lisanga et de la Commission Diocésaine Justice et Paix de l’Archidiocèse de Kinshasa (CDJP-KIN), une série de formations des Comités de Protection Communautaire (CPC) sur la cohésion sociale vient d'être lancée pour pacifier durablement la commune de Maluku et le territoire de Kwamouth.
Face aux conséquences dévastatrices de la crise Mobondo, l’heure est à la reconstruction du tissu social. Le Consortium Lisanga, par l’entremise de la CDJP-KIN, a initié un vaste programme de renforcement des capacités du Comité d Protection Communautaire (CPC) sur la cohésion sociale. Ces sessions répondent à une urgence humanitaire et sécuritaire absolue. Sur le terrain, les enjeux sont hautement stratégiques : briser le cycle de la vengeance, désamorcer les rumeurs, faciliter le retour des déplacés, réinsérer les ex-combattants et les enfants soldats, et substituer la justice expéditive par des mécanismes de médiation locale. L’objectif final reste la relance d’un avenir économique partagé.
« Des artisans de paix»
Dès le premier jour des travaux à Kinsele dans la province de Mai-Ndombe, le ton a été donné par M. Guy Dhala, Référent de la CDJP-KIN. Dans un discours mobilisateur, il a rappelé l'essence même de l'engagement attendu des participants, les invitant à devenir de véritables instruments de paix.
« Le CPC n'appartient à aucun camp, il appartient à la Paix. Portez votre titre avec neutralité, intégrité et courage. C’est par votre comportement exemplaire que renaîtra la confiance à Kinsele », a-t-il déclaré avec insistance.
Cette vision d'appropriation locale à été partagée par la formatrice sur place. Mme Gustavine Mboyo, experte en cohésion sociale, a résumé l'ambition à long terme de cette activité : « Nous voulons qu'à travers cette formation, les CPC s'approprient cette question de la cohésion sociale et qu'à leur tour, ils amènent cette information auprès de leur communauté pour espérer avoir une paix durable. »
Un modèle de cohabitation retrouvée
Sur le terrain, les signes de cette réconciliation sont déjà palpables et redonnent espoir à la population. Symbole fort de ce dénouement : le Chef coutumier Teke est officiellement rentré parmi les siens, pleinement reconnu et respecté par les autres communautés de la place. C’est dans cette dynamique de respect réciproque qu'a été installé le nouveau Comité de Protection Communautaire (CPC) de Kinsele. Sa force réside dans sa structure paritaire, associant les membres Teke et Yaka décidés à conjuguer leurs efforts pour le bien-être collectif.
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Fils du Chef coutumier Teke saluant le Kapita yaka à Kinsele. |
Au terme d'une session intense, les participants ont exprimé leur profonde satisfaction. Pour ces hommes et ces femmes, cet apprentissage crucial offre des clés concrètes pour réapprendre à vivre ensemble dans la confiance mutuelle. À travers des exercices pratiques, ils ont acquis les techniques nécessaires pour anticiper les tensions, gérer les litiges fonciers et déconstruire les discours de haine.
Cette formation ne représente pas seulement un précieux acquis technique, elle apporte un véritable soulagement psychologique et social aux populations éprouvées. Les membres du CPC repartent désormais dans leurs quartiers avec une mission claire : transformer chaque foyer en un espace de dialogue, prouvant à l'ensemble des régions de Maluku et de Kwamouth que la paix est désormais une réalité en marche.
Par C. Madiya
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